Travaux de traite et techniques de traite
Comment la Suisse trait-elle? Une étude montre de nets déficits dans la routine de traite et l’entretien des installations.
Dr. Léonie von Tavel (TORO 09/14)
Une méthode de traite correcte et une installation technique qui fonctionne permettent de prévenir les maladies mammaires. Une étude* réalisée par la faculté Vetsuisse de l’Université de Berne cherchait à montrer si cette constatation banale se confirmait en pratique. Durant les années 2011–2012, une centaine d’exploitations suisses ont été analysées. Il ne s’agissait pas d’exploitations à problèmes évidents, mais d’exploitations avec un nombre de cellules somatiques théorique relativement élevé dans le lait de tank (entre 200’000 et 300’000 cellules/ml en 2010). Les données sur la structure d’exploitation, la garde, la technique de traite, la gestion du tarissement et des mammites ont été relevées et des échantillons récoltés sur les quartiers des vaches présentant un nombre de cellules somatiques de >150’000/ml; ces échantillons ont ensuite été soumis à une analyse bactériologique. Il a pu être démontré que dans tous les domaines qui influencent la santé de la mamelle de manière décisive, il existait un grand potentiel d’amélioration. En la matière, la méthode personnelle et la technique de traite offrent des solutions rapides et faciles à mettre en pratique.
Mains propres?
Très simple: la propreté du trayeur diminue la pression des germes et le risque de transmettre les bactéries responsables des mammites. Malgré cette évidence, de nombreux trayeurs (sur environ 40 % des exploitations considérées dans l’étude citée ci-dessus) ne se changeaient pas avant la traite ou ne se lavaient même pas les mains (71 %).
Ordre de traite en fonction des cellules somatiques
La plupart du temps, les vaches avec un nombre de cellules somatiques plus élevé sont traitées comme les animaux sains. Mais en réalité, leurs mamelles sont malades, elles souffrent de «mammites subcliniques» auxquelles plusieurs bactéries peuvent participer. De ce fait, elles devraient être traites en dernier ou avec des ustensiles séparés, pour éviter de propager les germes. Seules quelques-unes des exploitations (13 %) faisant partie de l’étude ont procédé de la sorte. Néanmoins, les vaches clairement malades ont été traites comme il se doit à la fin ou avec des ustensiles séparés dans 81 % des exploitations analysées. En particulier dans les stabulations libres avec salle de traite, la mise en application d’un ordre de traite strict est liée à un surcroît de travail. La transmission de germes peut être évitée par l’utilisation d’ustensiles de traite séparés pour les vaches présentant un nombre de cellules somatiques élevées ou souffrant d’une mammite et par un nettoyage intermédiaire approfondi, voire une désinfection, après la traite de ces animaux.
Etapes de la traite
Pour garantir une bonne santé de la mamelle, il est également important que les différents gestes de la traite soient effectués dans le bon ordre et avec précision. L’hygiène est l’aspect le plus important. Elle commence avec l’amouillage. Si le lait d’amouillage est trait par terre (comme cela est le cas chez 56 % des exploitations considérées dans l’étude susmentionnée) et que le lait gicle sur les pieds des vaches, les germes pathogènes trouvent des conditions idéales pour se multiplier. Si le lait d’amouillage est recueilli dans la main (3 %), les germes sont inévitablement transmis d’un animal à l’autre. Après l’amouillage de trois jets au minimum, le lait qui s’était accumulé dans les trayons depuis la dernière traite est évacué. Ce lait d’amouillage contient souvent des bactéries, même chez les vaches en bonne santé. Si l’on mouille moins (77 %) ou pas du tout (21 %), ces germes finissent dans le tank à lait ou remontent dans la mamelle. Après l’amouillage, les trayons sales devraient être bien nettoyés, pour des raisons d’hygiène. L’étude a montré que cela étaient le cas pour la moitié des trayons seulement. Pour éviter toute propagation de germes, le matériel utilisé pour le nettoyage devrait être changé entre chaque vache. Ici aussi, seule la moitié des exploitations procédaient ainsi. En plus de la propreté, d’autres facteurs, tels qu’un flux de lait optimal, sans variations du vide ou turbulences dans les tuyaux et conduits d’évacuation ainsi que l’évitement de la traite à vide, sont importants pour une bonne santé de la mamelle. Si les vaches viennent volontiers se faire traire, si elles sont calmes et défèquent peu pendant la traite, c’est un signe que la traite se passe sans grand stress.
La technique de tratte fonctionne-t-elle?
Environ 20 % des exploitations ne remplissaient pas les exigences en matière de machines à traire, nécessaires à garantir une bonne santé de la mamelle à long terme. Les facteurs suivants ont été contrôlés:
- capacité de la pompe à vide
- montage correct de la soupape de régulation
- capacité d’évacuation des tuyaux (test avec de l’eau:10 litres)
- compensation du vide lors d’ou verture totale d’une unité de traite
- changement du filtre du lait après chaque traite
- nettoyage de l’installation de traite
- état des manchons
La traite proprement dite: Qu’est-ce qui peut être amélioré?
| Amouillage | • Amouiller avec plus de trois jets • Traire dans un gobelet à fond foncé • Contrôler s’il y a des sécrétions dans le lait |
| Nettoyage du pis | • En cas de forte saleté: nettoyer à sec • Ne pas réutiliser le même matériel pour les trayons • Chercher les causes, si les pis sont souvent sales: disposition des boxes/logettes, sortie du fumier, alimentation (selles liquides)? |
| Nettoyage des trayons | • Matériel à usage unique (lingettes pour le pis, papier, laine de bois) • Utiliser du matériel frais pour chaque vache |
| Mise en place de la machine à traire | • Attendre la descente du lait (environ 60–90 secondes après l’amouillage/nettoyage) • Apposer les manchons sans faire pénétrer d’air |
| Traite | • Les griffes pendent verticalement et librement • Les tuyaux (vide et lait) ne sont pas tordus • Eviter absolument la traite à vide de certains quartiers • Travailler calmement Règle empirique: durant les 5 premières minutes que dure la traite, 10 litres devraient couler; aucune vache ne devrait être mise à la machine à traire pendant plus de 10 minutes |
| Finition | • Si la technique de traite est bonne, une finition à la main est superflue • Sinon: tirer la griffe légèrement vers le bas Règle empirique: au maximum un demi-litre de lait reste dans le pis (environ 1 dl par quartier) |
| Décrochage | • Le vide est interrompu de sorte que la griffe se détache d’elle-même • Le lait ne goutte plus des trayons; les trayons sont secs après la traite |
| Désinfection (trempage, spray) | • Directement après avoir enlevé la griffe de la machine à traire • Désinfecter les trayons entiers • Utiliser des gobelets de trempage sans retour • Vider les gobelets de désinfection après chaque traite et les reremplir |
Réduire l'utilisation d'antibiotiques
Une gestion rigoureuse de la santé animale, des analyses ciblées et un usage restrictif des antibiotiques permettent de réduire les résistances et le lait contaminé.
Hygiène de pis pour les robots
Solutions pour exploitations avec robot de traite: hygiène des pis, désinfection des trayons et compléments liquides pour le métabolisme et la santé en lactation.
Tester la santé de la mamelle
Le test de Schalm permet d’évaluer rapidement la santé de la mamelle en détectant les mammites subcliniques par le comptage des globules blancs dans le lait.
La santé du pis
Une surveillance rigoureuse de la santé du pis, une hygiène stricte et un contrôle précis sont essentiels pour assurer la santé des vaches, que ce soit avec ou sans robot de traite.
