La santé des veaux dès la naissance
Le veau d’aujourd’hui est la vache de demain.
Martin Kaske, Service Sanitaire Veaux Suisse Faculté Vetsuisse Zurich (TORO 03/23)
Il y a toujours de nombreuses exploitations laitières qui attachent trop peu d’importance à l’élevage des veaux. Le revenu de l’exploitation étant généré en premier lieu par le lait, l’affouragement, la santé et la fertilité des vaches sont au centre de l’intérêt. L’élevage des veaux est souvent considéré comme un mal nécessaire qu’on peut confier à un parent retraité ou à l’apprenti. Par conséquent, les résultats sont souvent insatisfaisants et les jeunes animaux malades (souffrant en particulier de diarrhées et de pneumonies). Le temps supplémentaire à investir pour leurs soins, des «veaux chétifs» chroniquement malades, des frais exorbitants pour le vétérinaire et des médicaments ou même des animaux péris donnent alors lieu à de grandes frustrations.
Conséquences à log terme
D’autres exploitations sont plus progressistes et comprennent qu’un élevage de veaux couronné de succès constitue la base fondamentale de leur avenir et nécessite donc de l’attention. C’est le seul moyen pour assurer la remonte des vaches laitières à haute performance longévives, qui influence grandement la rentabilité de la production laitière. Le mauvais développement d’un veau aura en revanche des conséquences drastiques sur la performance à long terme de l’animal lorsque celui-ci entre en production. À son origine est le principe de la «programmation métabolique», qui signifie que les facteurs environnementaux marquent durablement le métabolisme du veau pendant le développement du fœtus dans l’utérus et durant les premières semaines de la vie du veau. Ce qui est omis durant cette période ne peut plus être rattrapé! Dans ce contexte, il est particulièrement important d’éviter que les jeunes animaux tombent malades. Si une exploitation est souvent confrontée à des problèmes de veaux, cela révèle ses déficiences systématiques au niveau de la gestion de l’affouragement et/ou de la détention, car on trouve la majorité des agents infectieux les plus importants dans pratiquement toutes les exploitations. Mais ceux-ci ne rendent pas les animaux malades partout.
Créer les bases
Les conditions pour un veau sain sont déjà créées avant sa naissance par le biais de l’affouragement et de la détention de la vache portante. Elles déterminent le développement du fœtus, le déroulement du vêlage ainsi que la vitalité du veau nouveau-né. La vache ne doit pas devenir trop grasse avant le vêlage, ni durant le dernier tiers de la lactation, ce qui nécessite impérativement une adaptation de la ration, ni durant le tarissement. Il faut absolument distribuer un complément d’oligo-éléments (entre autres du sélénium) avant le vêlage – en particulier aux primipares qui sont souvent sous-approvisionnées en raison de la garde au pâturage ou à l’alpage jusqu’à peu de temps avant le vêlage. En règle générale, on peut dire que toute exploitation qui ne fait rien pour prévenir un éventuel déficit en sélénium a effectivement un déficit en sélénium! L’administration de bolus aux vaches multipares avant resp. après le vêlage pour éviter la fièvre du lait latente a également des répercussions positives immédiates sur la vitalité du veau nou veau-né.
Un vêlage facile
Plus le vêlage est facile, mieux le veau démarre dans la vie! Le déroulement du vêlage et les premières heures après la naissance du veau sont d’une importance capitale pour la future santé du veau. Les vêlages difficiles doivent absolument être évités par une démarche systématique, bien réfléchie et échelonnée, selon le principe: «Il faut beaucoup de connaissances en obstétrique pour faire peu.» Les principes les plus importants pour une obstétrique adéquate sont résumés dans la fiche d’infor
mation DLG 374 (uniquement en allemand) qu’on peut télécharger gratuitement sur Internet.
Les veaux secs boivent mieux
Si le veau est léché par sa mère, cela a des effets positifs parce que sa circulation sanguine est stimulée. Néanmoins, le veau ne sèche pas ainsi – et c’est fatal si les veaux nouveau-nés se retrouvent tout seuls, surtout durant la saison froide. Ces animaux consomment énormément d’énergie pour l’évaporation de l’eau et boivent moins de colostrum que les veaux qui sèchent bien et rapidement après la naissance. Une serviette-éponge, une lampe chauffante ou un radiateur soufflant d’un magasin de bricolage peuvent rendre de bons services.
Propreté à l’étable de vêlage
Le veau est souvent contaminé par des agents pathogènes immédiatement après la naissance – les narines, la bouche et le nombril sont les portes d’entrée les plus importantes. Une faible pression des germes protège les veaux, mais cela présuppose le nettoyage régulier des box de vêlage ainsi qu’une litière abondante. Si cela ne peut pas être garanti, le veau devrait être transféré du box de vêlage dans un box resp. igloo à veau propre directement après avoir été léché par sa mère.
Le colostrum n’est pas seulement du lait
Un approvisionnement suffisant en colostrum est de loin la mesure la plus importante pour éviter les maladies de veaux, car il contient de grandes quantités d’anticorps. C’est donc quasiment un «médicament». Sans les immunoglobulines de la mère, les veaux n’ont pratiquement aucune protection contre les bactéries et les virus qui se trouvent dans l’environnement. Les effets à long terme du colostrum sont flagrants: il n’influence pas seulement les diarrhées durant les premiers jours de la vie, mais aussi la santé des veaux par la suite et même la performance laitière durant la première lactation. C’est la raison pour laquelle après la naissance, il faut proposer du colostrum chaud de la mère aux veaux au moyen d’un biberon – ils doivent pouvoir en boire autant qu’ils veulent. Chez les veaux nés sans problème, le réflexe de succion est le plus fort immédiatement après la naissance. De nombreux veaux boivent alors trois litres ou même plus. Chaque gorgée est une prévention efficace des maladies. Mais la traite du colostrum doit impérativement être propre, car toute contamination du colostrum diminue grandement l’absorption d’anticorps de l’intestin vers le sang du veau. Les veaux qui, pour une raison quelconque, ne boivent pas délibérément au moins un litre de colostrum devraient être alimentés par une sonde. Le drenchage, effectué conformément aux instructions du vétérinaire, ne présente aucun risque.
Vaccination de la mère
Les exploitations à problèmes qui sont fréquemment confrontées à des diarrhées des veaux peuvent améliorer leur situation en vaccinant les vaches gestantes. Celles-ci produisent ainsi des anticorps contre les agents pathogènes et les accumulent dans le colostrum. Lorsque le veau boit ce colostrum, il en profite. Mais il est décisif que les antigènes contenus dans le vaccin soient effectivement responsables des maladies dans l’exploitation. Il faudrait donc d’abord les déterminer moyennant un examen des excréments des veaux souffrant de diarrhée. Des tests rapides, disponibles auprès de tous les vétérinaires, ont fait leurs preuves. Si ce sont surtout des cryptosporidies qui sont à l’origine du problème, la vaccination de la mère ne sert toutefois à rien.
Gains de poids journaliers élevés
Les veaux ont besoin de beaucoup de lait durant les premières semaines de leur vie. D’une part, cela a des effets à court terme parce que les veaux grandissent plus vite et sont plus sains en raison de leur meilleure constitution. D’autre part, cela a aussi des effets à long terme parce que les rendements laitiers des vaches ayant eu des gains de poids journaliers plus élevés durant la période d’abreuvement sont nettement plus élevés que ceux des vaches qui ont reçu juste assez de lait à l’âge de veau. Cela s’explique entre autres par l’influence positive de l’intensité d’alimentation sur le développement du tissu mammaire. Même si les veaux reçoivent assez de lait, il y en a beaucoup qui souffrent d’une carence en fer et en vitamines. Un «booster» pour veaux le deuxième jour de leur vie peut y remédier. Il est disponible chez le vétérinaire ou dans le commerce de produits destinés aux agriculteurs.
La santé des veaux pendant les premières semaines
Un vêlage réussi, une hygiène rigoureuse, une alimentation lactée intensive, de l’eau propre, peu de stress et un suivi des performances sont essentiels pour élever des veaux sains et robustes.
Carence sélénium et fer chez les veaux
Chez les veaux nouveau-nés, les carences en sélénium et en fer sont fréquentes et affectent immunité, croissance et vitalité, nécessitant une complémentation précoce adaptée.
Vidéo – Oligo-éléments
Un apport suffisant en oligo-éléments tels que fer, zinc, sélénium ou iode est essentiel au pâturage pour soutenir santé, immunité et fertilité des vaches laitières.
Manque d'oligo-éléments
Rôle des oligo-éléments dans l’alimentation bovine, causes de carences et interactions du fourrage, avec les risques liés au déficit comme à la sursupplementation équilibrée.
