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La santé des veaux pendant les premières semaines
Garde des veaux|16.03.2026

La santé des veaux pendant les premières semaines

Un vêlage sans problème et beaucoup de colostrum sont les bases pour des veaux sains et vigoureux. Mais des pièges se dressent ensuite en matière d’alimentation, de garde et d’hygiène. À quoi faut-il faire attention?

Martin Kaske, Service Sanitaire Veaux Suisse Faculté Vetsuisse Zurich (TORO 01/24)

Un petit groupe plutôt qu’un risque d’infection

La garde en igloo ou en hutte pendant les premières semaines de vie, avec un procédé «tout dehors / tout dedans», permet de limiter la pression des germes sur les veaux nouveau-nés. Si deux veaux partagent un grand igloo, ils peuvent exprimer le comportement propre à leur espèce et commencent à manger plus tôt. En revanche, les boxes pour les groupes, où il y a sans cesse de nouveaux veaux d’âges différents, sont défavorables. En effet, les agents pathogènes s’y accumulent, passent sans cesse par un hôte différent et deviennent ainsi de plus en plus dangereux pour les veaux. Concernant les boxes destinés à de petits groupes de veaux du même âge, il est en revanche possible d’enlever le fumier dans sa totalité et de les nettoyer à l’aide d’un nettoyeur haute pression avant une nouvelle occupation. Les exploitations ayant souvent des maladies devraient en outre les désinfecter – les agents pathogènes de la diarrhée étant plus ou moins sensibles. La lutte contre les cryptosporidies, les eimeria et les giardia nécessite des désinfectants spéciaux (crésols). Si une étable est exposée à la lumière du soleil pour le séchage durant quelques jours après le nettoyage, la pression infectieuse diminue encore, car les rayons UV inactivent les agents pathogènes – en particulier les cryptosporidies. Il faudrait donc toujours laisser plusieurs igloos vides dans une exploitation et ne pas procéder à une nouvelle occupation directement après avoir enlevé le fumier.

Bild: www.zweiaufreisen.com

De l’air frais au lieu de poussières

Pour les veaux à partir de la quatrième semaine de vie, la garde en groupe sur paille n’est pas une alternative valable. Les étables chaudes à plafond bas sont toutefois tout aussi problématiques que les anciens bâtiments à plafond haut (anciennes granges) ou les étables avec une ventilation faîtière. Les concentrations de gaz nocifs et de poussières augmentent si le renouvellement de l’air est insuffisant, en particulier en cas de forte occupation. Ils sont considérés comme des facteurs de risque importants pour les pneumonies. Par conséquent, la garde en stabulation ouverte avec climat extérieur s’impose de plus en plus (igloos de groupe ou halle avec toit en appentis avec petits microclimats). Il est toutefois nécessaire de disposer d’une bonne protection contre les intempéries, en particulier dans la direction des vents dominants. Une aire d’exercice devrait en outre être couverte.

Ad libitum au lieu d’avoir faim

Avec les vaches allaitantes, les veaux boivent plus de dix litres de lait entier par jour dès la deuxième semaine de vie, ce qui leur permet d’atteindre des accroissements journaliers de plus d’un kilo. De nombreuses exploitations laitières continuent de donner nettement moins de lait, ce qui génère des veaux avec une mauvaise constitution. Deux procédés permettent de se rapprocher le plus possible de la situation alimentaire naturelle des veaux nouveau-nés et d’exploiter leur énorme potentiel de croissance: soit on abreuve «semi ad libitum» deux fois par jour une quantité de quatre à cinq litres de lait entier chaud dans un seau à tétine. Au moins en hiver, il est aussi possible d’abreuver sans acidifier le lait. La plupart des animaux boivent sans problème cette quantité de lait. Ou alors on abreuve systématiquement les veaux «ad libitum», en leur proposant matin et soir du lait entier chaud, dont le pH est abaissé à 5.5 grâce à un mélange d’acides. Le seau à tétine fermé reste dans le box des veaux indépendamment de la température de l’air et le lait résiduel est jeté avant la prochaine buvée ou proposé aux veaux plus âgés. À partir de la cinquième ou sixième semaine de vie, on n’abreuve plus que huit litres par jour et on réduit la quantité de deux litres par semaine. Cela permet d’éviter une «surconsommation» de lait entier et les animaux commencent à consommer des quantités croissantes de concentrés. Il est toujours possible d’enrichir le lait entier avec un complément pour couvrir les besoins en oligo-éléments et en vitamines des veaux. L’alimentation intensive des veaux d’élevage peut également être assurée par des lactoremplaceurs, mais uniquement avec des produits de haute qualité (> 40 % de lait écrémé en poudre sans protéine végétale). Un tel élevage intensif est un investissement rentable pour l’avenir! Il améliore en principe la constitution des veaux, mais ne constitue pas un remède miracle, par exemple contre des diarrhées fréquentes. Il n’est pas possible de résoudre un problème de troupeau en remplissant tous les seaux de lait jusqu’à ras bord. Toutefois, les veaux nourris intensivement résistent mieux à un épisode de diarrhée que les animaux qui sont restreints.

Dans l’élevage des veaux, la règle est la suivante: mieux vaut donner un peu trop que vraiment pas assez.
Bild: Swissgenetics

De l’eau pour pouvoir manger

Les veaux ne mangent et ne digèrent les fourrages complémentaires (foin, ensilage ou mash pour veaux) que s’ils peuvent également boire de l’eau. Il est important que celle-ci soit propre et proposée dans un abreuvoir ouvert. En effet, l’eau bue à partir d’un seau à tétine n’arrive pas dans la panse mais dans la caillette et y perturbe la digestion du lait. Si les veaux sont habitués à boire de l’eau, ils peuvent ainsi compenser au moins partiellement la perte de liquide en cas de diarrhée. Les aliments concentrés devraient si possible être proposés dès le premier jour de vie. Toutefois, le veau n’en mangera pas beaucoup au cours des trois premières semaines de vie. Il peut néanmoins s’y habituer en jouant et augmenter fortement sa consommation à partir de la quatrième semaine de vie. Au début, il est donc suffisant de ne proposer qu’une poignée d’aliment de démarrage frais par jour. La teneur optimale en matière azotée est de 18 % au maximum (env. 11 MJ EM/kg de MS, 15 à 25 % NDF, 10 à 15 % ADF). Il est important que les mangeoires soient propres et sèches. Si celles-ci se trouvent dans une aire d’exercice non couverte, les aliments concentrés s’agglutinent et moisissent rapidement. L’ingestion précoce d’un fourrage de base de qualité favorise le développement des préestomacs. Qu’il s’agisse d’ensilage d’herbe ou de foin est secondaire. Une teneur élevée en sucre de l’herbe peut toutefois poser problème. Il est également possible de proposer de la paille dépoussiérée et hachée court, mélangée à une RTM sèche pour veaux. Grâce à sa teneur élevée en matière sèche, elle se conserve très bien. À partir de la huitième semaine de vie environ, on peut aussi donner de l’ensilage de maïs. Avec un élevage intensif, les veaux devraient atteindre un accroissement journalier de plus de 800 g pendant la période d’abreuvement. Au plus tard à partir du huitième mois, il faut absolument limiter l’accroissement journalier à environ 750 g pour les génisses d’élevage afin d’éviter l’embonpoint. À cet effet, il faut réduire la densité énergétique de la ration (max. 5.8 MJ NEL/kg de matière sèche).

La stabilité plutôt que le stress

Les animaux nouveau-nés sont tous sensibles au stress. Les veaux sont de vrais «petits sensibles». La naissance est le premier stress pour eux. En suite, chaque changement d’étable, de système de garde (p. ex. garde individuelle à garde en groupe) ou d’alimentation (p. ex. de l’abreuvement au seau au distributeur automatique de lait) est un défi pour eux. Si tout cela se produit au cours des deux premières semaines de vie – la période la plus à risque concernant les diarrhées –, les problèmes sont inévitables. Du point de vue vétérinaire, il est donc préférable d’attendre la fin de la troisième semaine de vie avant de procéder à de tels changements de système. L’écornage est une autre contrainte importante pour le veau. Il doit donc être effectué correctement et sous sédation, avec anesthésie locale puis administration d’analgésiques.

Prendre soin plutôt que subir des pertes

Les aspects énumérés concernant la garde et l’alimentation des veaux sont peut-être très importants – mais la personne qui s’occupe des animaux l’est encore plus. De bons soins aux animaux font toute la différence! Cela demande du temps et de l’attention. C’est d’autant plus vrai pour les soins assidus aux animaux malades. Seul un grand engagement permet de réduire durablement le taux de maladies et les pertes d’animaux en cas de problèmes au niveau du troupeau. Pour des perspectives de guérison, il est essentiel que la maladie soit détectée le plus tôt possible et traitée immédiatement. La collaboration avec le vétérinaire traitant est décisive. Il est important de se mettre d’accord sur les schémas de traitement et de documenter soigneusement le succès ou l’échec de chaque thérapie. Seule une évaluation régulière permet d’améliorer la gestion de l’élevage des veaux.

Mesurer pour contrôler

De même que les vaches laitières sont soumises chaque mois à un «controlling» via l’EPL, l’élevage a lui aussi besoin de chiffres réguliers pour le contrôle des résultats. Le taux de veaux mort nés et le taux de pertes pendant la période d’abreuvement sont le minimum absolu. La proportion de veaux qui atteignent un accroissement journalier de plus de 800 g pendant la période d’abreuvement au lait devrait également être enregistrée. Pour cela, il faut connaître le poids à la naissance et le poids au sevrage. Pour obtenir ces chiffres facilement, il est recommandé d’utiliser un transpalette avec balance intégrée ou, plus simplement, d’estimer le poids en mesurant le tour de poitrine avec un ruban de mesure du poids. 75 % des veaux devraient atteindre l’objectif d’au moins 800 g/jour. On a alors fait beaucoup de choses correctement et posé les bases pour de futures vaches laitières performantes, longévives et en bonne santé.

Il est possible de contrôler les accroissements journaliers des veaux à l’aide du ruban de mesure du poids. Le Service Sanitaire Veaux Suisse recommande à cet effet le «Holstein Dairy Calf Weigh Tape» de la marque Coburn.
Bild: M. Kaske

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